Quand Pixar met en ligne des cours gratuits de storytelling.

Publié le par Béatrix ESPOSITO

Souvenez-vous des dernières présentations auxquelles vous avez assisté . Généralement, celles qui vous ont le plus marqué sont celles où vous vous êtes dit en écoutant l’orateur : « Cette personne est intéressante / passionnée / drôle / voire même géniale, j’ai envie d’écouter ce qu’elle a à dire ». Si on va plus loin, les passages dont vous vous souvenez le plus correspondent aux moments où ce même orateur a raconté une histoire ou une anecdote, drôle ou émouvante, qui le concernait personnellement ou non.Le storytelling (le fait de raconter une histoire) dans le cadre d’une conférence, d’un cours ou d’une formation sert à faire comprendre, à intéresser et à mémoriser des messages. En somme, tout ce qu’un orateur souhaite quand il fait une présentation devant un public. 

Pourquoi me direz-vous ? Parce que le succès d’une présentation repose non seulement sur la personnalité de l’orateur, mais aussi et surtout sur l’émotion qu’il parvient à instaurer et à partager avec son auditoire. Et quand on raconte une histoire, on suscite des émotions, on capte l’intérêt et l’attention de son public qui est ensuite prêt à écouter ce que l’on a à lui dire, à lui apprendre. D’où l’intérêt d’utiliser la technique du storytelling dans le cadre d’une conférence,  d’une formation ! Mais pas de n’importe quelle manière… Alors comment raconter des histoires mémorables qui donnent envie à un public de les écouter ?

 

Dans son article « La science derrière le storytelling et ce que cela implique », Gavin McMahon présente des règles essentielles pour raconter de bonnes histoires. Ces règles ont été originellement tweetées par Emma Coats qui travaille chez Pixar. Gavin McMahon les a rassemblées dans un document intitulé Pixar’s 22 rules to Phenomenal Storytelling. D’après lui, certaines règles édictées par Pixar pour faire de bons films d’animation peuvent être réutilisées par un conférencier, un professeur ou un formateur qui souhaitent utiliser le storytelling dans le cadre de leur présentation orale. Ces quelques règles sont les suivantes :

–       Il faut s’adapter à son auditoire et garder à l’esprit que ce qui l’intéresse ou l’amuse n’est pas forcément ce qui intéresse ou amuse l’orateur. Ce dernier doit donc toujours se mettre à la place de son public et s’imaginer que ce dernier a payé sa place pour venir l’écouter.

→ Pour l’orateur, cela implique de bien définir le message clé qu’il souhaite faire passer en se posant des questions comme : « Où je veux aller et où je veux amener mon auditoire ? ».

–       Il faut structurer son histoire pour maintenir l’attention de l’auditoire.

→ Pour l’orateur, cela implique de respecter un certain nombre de règles narratives.

Ces règles, nous les avons tous apprises au collège mais nous les avons depuis oubliées… Pour rappel, une histoire comprend :

  • une situation initiale, c’est-à-dire un contexte,
  • un élément perturbateur qui vient déséquilibrer la situation initiale (c’est notamment cet élément qui « accroche » le public et qui lui donne envie d’en savoir plus),
  • des éléments de résolution qui viennent résoudre l’élément perturbateur,
  • une situation finale : c’est là où on veut finalement amener son public.

Pixaa va désormais plus loin et partage son art. En collaboration avec la Khan Academy, une plateforme de cours en ligne, la filiale de Disney a crée « Pixar In a Box ». Alors que les deux saisons précédentes étaient axées sur des aspects techniques comme l’animation ou encore les caméras virtuelles, cette saison sera conscrée au storing telling.

Le premier chapitre « We are all Storytellers » est déjà disponible. Il s’agit d’une introduction au storytelling. Il est composé de 6 vidéos et 4 exercices. Le second chapitre, « Characters, » portera sur les personnages et leur création. Durant cette saison la scénarisation sera abordée ainsi que l’art de mettre plus ou moins de charge émotionnelle dans un personnage, voire pas du tout, et plusieurs autres aspects que nous découvrirons au fur et à mesure.

sources ; le siècle digital - 17 février 2017

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